un bruit de grelot…

Citation #21

28.11.2016 (11:09 pm) – Filed under: Archives

“Au lieu d’inviter les gens à déconstruire leurs envies, demandons-nous quelles sont les conditions de possibilité de notre prétendue subversivité.”

Déconnectée de son contexte , cette phrase n’est peut-être pas ultra claire, mais je trouve qu’elle est super belle et pertinente, alors je vous la cite quand même… Bon, d’accord, ça fait un peu croisements narcissiques de liens, mais on s’en fout parce qu’on a raison.

“Améliorons nos aptitudes au conflit”

05.02.2013 (12:52 pm) – Filed under: Archives

“AMÉLIORONS NOS APTITUDES AU CONFLIT”

Ici, il y a une brochure qui pose des analyses et des questions pertinentes, ce qui doit être signalé… Dans les trois textes proposés, j’ai trouvé un bon nombre d’approches qui me parlent grave, d’autres un peu moins… Mais de manière générale, c’est grave chanmé de voir ces idées mises en mots et structurées. Et je ne résiste pas à l’envie de vous recopier mes passages préférés :

“La sécurité est présentée comme un besoin vital et l’on cherche à créer des bulles hermétiques et aseptisées visant à nous protéger d’un espace straight dans lequel nous serions totalement vulnérables. Vous savez quoi ? Des espaces safe n’existent pas, pas plus que le safe sex ou les personnes safe. Le safe comme risque zéro n’existe pas. Vivre tue, aimer amène éventuellement son lot de souffrance et baiser son lot d’IST et autres mycoses.”

“Vouloir se prémunir de tout risque relationnel est une voie sans issue. Le problème avec la recherche de sécurité, c’est que plus on cherche à contrôler les risques et à s’en prémunir, plus on en a peur. C’est là tout le paradoxe : la recherche de sécurité intensifie le sentiment d’insécurité. Et après tout, c’est plutôt logique. Si tu te construis un monde parfait, propre, lisse et prévisible, tu as de grandes chances de péter les plombs si ça ne se passe pas comme prévu. L’énergie que tu as déployée pour développer ton impression de contrôle (qui n’est et ne sera jamais qu’une impression) est autant d’énergie que tu n’as pas pu mettre dans l’acquisition d’outils te permettant de gérer les imprévus. Si ce n’était pas censé se passer comme ça et que tu ne t’y étais pas préparé•e, c’est tout ton monde qui s’écroule.”

“Ça me donne envie de lui faire des grimaces, et on verra si ça la met mal à l’aise.”

“Nous dépensons énormément d’énergie à nous déchirer, à entretenir des drames, à gérer les espaces et les affects. Plutôt que de chercher à construire des espaces plus safe (ils le sont déjà suffisamment), il est grand temps que nous réfléchissions à la manière dont on peut surmonter les violences, désamorcer les situations, contenir les affects, et que nous nous penchions sur les outils à notre disposition pour gagner en puissance aussi bien dans straight land que dans nos interactions intracommunautaires.”

“Il serait salutaire de garder en tête les groupes de conscience des années 1970, les discussions sur le viol, la façon dont les femmes en venaient, en discutant non pas de leur ressenti mais de leur expérience, à identifier l’ensemble des dynamiques violentes dans lesquelles elles se trouvaient, les viols qu’elles avaient subies, les inégalités dont elles souffraient. Désormais, nous avons tellement tout déconstruit que nous nous paralysons lorsqu’on entend le mot « viol ». Plutôt que d’aider nos ami•e•s à en parler, on les confine dans le silence, parce que tu comprends, c’est pas facile quand même… Nos silences reproduisent en permanence l’idée que le viol est quelque chose de destructeur et traumatique qui nous enlève toute capacité d’agir et dont on ne peut évidemment pas parler.”

“Nous avons mis en place un modèle où toutes les parties ne sont encouragées qu’à négocier la façon dont ils vont partager l’espace ou ne plus avoir à se croiser. Des demandes et des promesses impossibles sont faites et, au nom de la confidentialité, des limites sont posées sur la base de généralités. Gère ton problème mais tu n’as pas la possibilité de parler précisément de ce qui s’est passé, et vous ne devez pas vous parlez touTEs les deux. Le modèle actuel crée, en réalité, plus de silence.”

“Le viol détruit : la perte du contrôle de ton corps, la façon dont ce sentiment d’impuissance resurgit à ta mémoire, la façon dont cela prive de toute illusion de sécurité ou de santé mentale. Nous avons besoin de modèles qui aident les personnes à reprendre du pouvoir et nous devons dénoncer le modèle actuel de rétribution, de contrôle et d’exclusion pour ce qu’il est : de la vengeance. Il n’y a rien de mal à la vengeance, mais ne prétendons pas qu’il ne s’agit pas de pouvoir ! Si nous avons recours à l’humiliation et aux représailles, soyons honnêtes là-dessus. Choisissons ces outils si l’on peut dire en toute honnêteté que c’est ce que l’on veut faire. Au cœur de cette guerre, nous devons améliorer nos aptitudes au conflit.”

Kick-ass fems.

15.01.2013 (11:33 am) – Filed under: Archives

Juste un lien vers une vidéo de Ivan E. Coyote, assez connue mais jusqu’à présent jamais sous-titrée en français (à priori) : hatsoff

Pour que les choses soient claires…

16.10.2012 (1:50 pm) – Filed under: Archives

En attendant la publication d’une analyse plus approfondie, voici juste une petite mise au point…

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POUR QUE LES CHOSES SOIENT CLAIRES…

Il est vrai que je passe un temps certain à critiquer les milieux militants, notamment pour leurs fonctionnements. Il est vrai que je suis lasse des réflexes et alter-normes qui s’expriment dans ces milieux… Il est vrai que ces critiques et lassitudes sont en partie responsables du fait que je me retire petit à petit, et depuis quelques temps, de ces milieux.

Mais pour être bien claire : la raison principale pour laquelle je ne milite presque plus (notamment dans les sphères féministes), c’est surtout et avant tout parce que j’en ai ras-le-bol d’encaisser et de gérer la transmisogynie et le cissexisme de mes congénères… C’est parce que j’en ai marre de n’avoir presque aucun endroit (autre que mon “foyer”) pour pouvoir souffler, m’apaiser et baisser ma garde. Parce que quand vous, féministes cis, vous ressourcez et vous apaisez grâce à une réunion/rencontre non-mixte meufs, moi je continue à faire face à des tas de merde de votre part. Si je ne fais presque plus d’action féministe (”action”, dans un sens très “militant classique” : manif, tag, collage, occupations, etc.), c’est surtout parce que j’en ai marre d’être (souvent) la bouffonne toute seule dans un coin dès qu’il y a un contrôle d’identité ou une gav… J’en ai ras-le-bol de mettre en retrait mes combats contre le cissexisme et la transmisogynie sous prétexte d’unité féministe. J’en ai marre de devoir m’allier à des meufs qui me trashent la gueule, sous prétexte d’unité féministe. J’en ai marre d’encaisser des propos et attitudes transmisogynes et cissexistes et de m’auto-convaincre qu’il s’agit “d’embrouilles inter-individuelles” parce que je ne voudrais surtout pas risquer d’affaiblir des dynamiques féministes émergentes… J’en ai marre d’encaisser vos “dérapages” en m’abstenant de les relever. J’en ai marre de gérer votre merde à votre place, sous prétexte que vous n’êtes pas foutues de vous documenter et de vous remettre en question. Ce n’est pas à moi d’encaisser, de gérer et de mettre en retrait. C’est à vous de vous secouer la couenne si vous voulez vraiment qu’il puisse exister une “unité” féministe, ou une réelle “solidarité féministe”.

En bref, même si par ailleurs les milieux militants me gavent pour des tas de raisons qui n’ont rien à voir avec tout ça, c’est le cissexisme et la transmisogynie de mes supposéEs “camarades” qui sont avant tout à l’origine de mon retrait progressif du militantisme… Que ce soit bien clair…

Et je ne dis pas non plus que votre féminisme est intrinsèquement pourri, ni que vos actions sont dénuées de sens, ni que je suis une pauvre victime plus-opprimée-que-moi-tu-meurs… Je dis simplement que plus le temps passe, plus je m’aperçois que je n’ai vraiment pas grand chose à faire avec vous… Alors ne prenez pas cet air déçu quand je vous dis que je ne serais pas présente à la prochaine réu…

SH (octobre 2012).

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PS : je m’attarde ici sur le féminisme, mais c’est uniquement parce que c’est principalement cette forme de militantisme qui m’habite depuis quelques années… En l’occurrence, toutes ces critiques peuvent très bien être transposées à tout mouvement militant (bien que, selon les cas, il existe quelques spécificités à ne pas négliger).
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PS 2 : je ne dis pas non plus qu’il existe un “féminisme cis” monolithique et homogène. Je choisi juste de m’attarder sur cette qualification/classification, car elle est pertinente pour analyser la situation dont je veux parler ici.

Citation #22

02.10.2012 (4:38 pm) – Filed under: Archives

“Quelle femme ici est si amoureuse de sa propre oppression au point qu’elle n’est plus capable de voir l’empreinte de son propre talon sur le visage d’une autre femme ? Quelle femme ici utilise sa propre oppression comme ticket d’entrée au rang des justes, loin des vents glacials de l’examen de conscience ?”

(Audre Lorde, “De l’usage de la colère : la réponse des femmes au racisme”, in Sister Outsider.)

Citation #21

17.08.2012 (11:28 am) – Filed under: Archives

“Il y a quelques années, j’ai acheté une paire de bottes d’hiver bien chaudes. À ce moment, je travaillais dans une entreprise où toutes les femmes s’habillaient et se maquillaient de manière très féminine, et même si je n’étais pas out ma différence était évidente. [...] Quand je suis arrivée au bureau, deux collègues masculins ont tout de suite réagi en me sifflant légèrement : “Oh, des nouvelles bottes, elles font vraiment camionneuse”. Plus tard dans la soirée, je suis allée rejoindre mon amante et une autre amie, qui sont toutes les deux butchs. Elles aussi commencèrent à me taquiner : “Oh, des nouvelles bottes, elles sont vraiment féminines”. Et je crois que j’ai compris ce que cela signifie d’être une gouine-fem. Les mecs me voient comme butch et les filles me voient comme fem.”

(Arlene Istar, Femme-dyke in The Persistent Desire, a femme-butch reader ; Joan Nestle editor, 1992, DIYtrad)

Le matérialisme hormonal

07.06.2012 (11:16 pm) – Filed under: Archives

PRÉAMBULE

Je trouve ça tout à fait fou de ma part, moi qui suis pourtant si binaire et qui n’ai jamais prétendu lutter contre une quelconque “binarité” (je déteste ce concept qui selon moi ne veut pas dire grand chose…), d’écrire un texte ayant pour objectif de dé-manichéeniser certaines positions de certainEs de mes camarades pourtant d’habitude si promptEs à sauter à la gorge de tout ce qui peut apparaître justement comme un peu trop “binaire”. Il faut croire que la “binarité” femme/homme est plus aisément contestable que la “binarité” nature/culture ou que la “binarité” corps/esprit.

LE MATÉRIALISME HORMONAL

Il m’arrive parfois d’entendre, dans certaines discussions entre certaines personnes trans se revendiquant d’une certaine pensée féministe matérialiste, que le Traitement Hormonal de Substitution (THS) que nous sommes nombreuses et nombreux à ingurgiter dans le cadre de nos transitions aurait des effets physiques et physiologiques, mais absolument aucun effet psychologique [1]. L’argument principal avancé par ces personnes est que nos comportements et notre état psychologique sont exclusivement le fait d’une histoire/influence/construction sociale.

C’est une analyse que je peux d’ailleurs partager assez fortement, même si elle ne me semble pas incompatible avec le constat que certaines personnes peuvent faire quant aux effets psychologiques produits par l’introduction (ou le remplacement) de certaines substances dans leur corps (notamment les œstrogènes, la progestérone, la testostérone, les anti-androgènes). Disons que je trouve juste un peu réducteur et légèrement malhonnête de nier tout effet psychologique au THS sous prétexte de dogmatisme idéologique simpliste et simplificateur. Et il me semble pertinent d’essayer parfois d’étendre et de complexifier un peu notre vision des choses.

Car ce qui a un effet physique et/ou physiologique a forcément un effet psychologique, ne serait-ce que dans la mesure où ça influe sur notre propre perception de nous-même. Et en l’occurrence, reconnaître des effets psychologiques au THS ne signifie pas qu’il prendrait le contrôle sur nous.

J’ai un pouvoir sur mes comportements et mes perceptions, que celleux-ci soient en partie induitEs par mon THS ou par mon histoire, ma (dé/re)construction sociale, etc. De plus, au delà des effets directs produits par la nature des hormones elles-même, il y a aussi tous ceux provoqués par la variation des taux hormonaux (temps écoulé depuis le dernière piqûre de T, ou depuis le dernier tartinage d’œstros).

Reconnaître des effets psychologiques au THS ne signifie pas reconnaître sa suprématie. Si je suis particulièrement à fleur de peau d’un point de vue émotionnel parce que ma dernière tartine d’œstros remonte à plus de 24 heures et que j’ai donc un taux hormonal particulièrement bas, ça ne veut pas dire que je vais forcément fondre en larmes si je suis triste ou énervée. Je peux aussi choisir de dealer avec cette donnée et adapter mes attitudes pour qu’elles soient les plus appropriées au contexte. Par exemple, si je veux envoyer bouler un connard qui me reloute, ça va juste me coûter un peu plus d’énergie que d’habitude, par exemple, pour être forte et garder la tête haute, alors que si je n’étais pas en sous-dosage ça serait plus rapide et facile. Mais le résultat sera le même. Et ça va dépendre aussi de tellement d’autres choses… Si mes proches vont bien, si mes relations avec elleux vont bien, si j’ai mangé quelque chose dans la journée, si j’ai bien dormi la nuit d’avant, etc.

Bref, tout ça pour dire que peu importe d’où proviennent mes comportements (mon conditionnement, mes taux hormonaux, ma situation affective, etc.), j’ai dans tous les cas un pouvoir dessus, que je choisi ou non d’exercer, plus ou moins, selon les contextes. Et pour moi, être matérialiste c’est justement reconnaître un certain nombre de réalités, accepter le fait qu’elles nous influencent, et affirmer qu’on peut se gérer, qu’on peut guider ce qui nous influence dans un sens ou l’autre, qu’on peut se laisser aller, qu’on peut se restreindre, etc. Et à mon sens, le matérialisme ce n’est certainement pas limiter la réflexion au postulat que tout est construit socialement et que donc les choses qu’on met dans notre corps n’ont aucun effet psychologique sur nous.

Et puis quand bien même ces effets psychologiques ne seraient pas attestés biologiquement, qu’est-ce que ça peut bien faire ? Je me permet de rappeler que l’efficacité de certains placebos est réelle. Si je suis persuadée (même inconsciemment, en raison de ma construction sociale) qu’un taux particulièrement bas d’hormones “sexuelles” dans mon corps a un effet sur mon irritabilité, et qu’ainsi je deviens particulièrement irritable quand je ne me suis pas tartinée depuis plus de 24 heures, en quoi est-ce que ce ne serait pas un effet psychologique du THS ?

Bref, tout ça pour dire que ça me paraît assez peu intéressant, et aussi peu pertinent, de prétendre qu’un THS modifie intégralement notre psychologie, tout comme de prétendre qu’il n’a aucun effet sur celle-ci. Et que je trouve justement assez intéressant et utile d’un point de vue analytique de prendre conscience que les facteurs qui influencent notre état psychologique et nos comportements sont multiples, et qu’il peut être pertinent d’essayer d’en décortiquer les origines si l’on veut parfois tenter de s’éloigner de nos réflexes et certitudes, que celleux-ci soient supposéEs “naturelles” ou “culturelles” (même si ici cet antagonisme ne semble plus reposer sur grand chose)…

SH (mai 2012- peu après les rencontres trans de toulouse)

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[1] Certes, il arrive aussi d’entendre certaines personnes trans dire que le THS (et exclusivement le THS) a totalement changé leurs comportements et leur psychologie, ce qui à mon sens et aussi un tantinet douteux.

Citation #20

07.06.2012 (11:06 pm) – Filed under: Archives

“La misogynie et la transphobie nous font organiser toutes sortes d’évènements de soutien pour financer les opérations des mecs trans -straights ou queers- et pas même dire bonjour aux femmes trans.”

(Kernan Willis, dans 123-punch, how misogyny hurts queer communities)

Citation #19

03.05.2012 (12:00 pm) – Filed under: Archives

“La misogynie a amenée les hommes trans à s’approprier le mot “tranny/travelo”. “Tranny/travelo” est un mot péjoratif désignant les femmes trans travailleuses du sexe. Il a été commercialisé par l’industrie porno par des hommes cis hétéros. Seules les femmes trans pourraient réellement se réapproprier ce mot, mais j’ai principalement entendu des mecs trans se qualifier ainsi.”

(Kernan Willis, dans 123-punch, how misogyny hurts queer communities)

Femmes trans en prison #3

03.05.2012 (11:55 am) – Filed under: Archives

Femmes trans en prison #3

Juste une info si vous voulez changer de format, vous trouverez ici http://tpgaf.herbesfolles.org/sons une émission de radio d’une heure autour de la brochure éponyme. C’est juste le support qui change, car il s’agit approximativement du même contenu que celui des ateliers qui ont eu lieu aux UEEH 2011 et au Festival O Mots 2011, et que celui de la brochure Femmes trans en prison, elle-même disponible ici http://infokiosques.net/spip.php?article864 . Voilà, c’est tout.