un bruit de grelot…

“Améliorons nos aptitudes au conflit”

05.02.2013 (12:52 pm) – Filed under: Archives

“AMÉLIORONS NOS APTITUDES AU CONFLIT”

Ici, il y a une brochure qui pose des analyses et des questions pertinentes, ce qui doit être signalé… Dans les trois textes proposés, j’ai trouvé un bon nombre d’approches qui me parlent grave, d’autres un peu moins… Mais de manière générale, c’est grave chanmé de voir ces idées mises en mots et structurées. Et je ne résiste pas à l’envie de vous recopier mes passages préférés :

“La sécurité est présentée comme un besoin vital et l’on cherche à créer des bulles hermétiques et aseptisées visant à nous protéger d’un espace straight dans lequel nous serions totalement vulnérables. Vous savez quoi ? Des espaces safe n’existent pas, pas plus que le safe sex ou les personnes safe. Le safe comme risque zéro n’existe pas. Vivre tue, aimer amène éventuellement son lot de souffrance et baiser son lot d’IST et autres mycoses.”

“Vouloir se prémunir de tout risque relationnel est une voie sans issue. Le problème avec la recherche de sécurité, c’est que plus on cherche à contrôler les risques et à s’en prémunir, plus on en a peur. C’est là tout le paradoxe : la recherche de sécurité intensifie le sentiment d’insécurité. Et après tout, c’est plutôt logique. Si tu te construis un monde parfait, propre, lisse et prévisible, tu as de grandes chances de péter les plombs si ça ne se passe pas comme prévu. L’énergie que tu as déployée pour développer ton impression de contrôle (qui n’est et ne sera jamais qu’une impression) est autant d’énergie que tu n’as pas pu mettre dans l’acquisition d’outils te permettant de gérer les imprévus. Si ce n’était pas censé se passer comme ça et que tu ne t’y étais pas préparé•e, c’est tout ton monde qui s’écroule.”

“Ça me donne envie de lui faire des grimaces, et on verra si ça la met mal à l’aise.”

“Nous dépensons énormément d’énergie à nous déchirer, à entretenir des drames, à gérer les espaces et les affects. Plutôt que de chercher à construire des espaces plus safe (ils le sont déjà suffisamment), il est grand temps que nous réfléchissions à la manière dont on peut surmonter les violences, désamorcer les situations, contenir les affects, et que nous nous penchions sur les outils à notre disposition pour gagner en puissance aussi bien dans straight land que dans nos interactions intracommunautaires.”

“Il serait salutaire de garder en tête les groupes de conscience des années 1970, les discussions sur le viol, la façon dont les femmes en venaient, en discutant non pas de leur ressenti mais de leur expérience, à identifier l’ensemble des dynamiques violentes dans lesquelles elles se trouvaient, les viols qu’elles avaient subies, les inégalités dont elles souffraient. Désormais, nous avons tellement tout déconstruit que nous nous paralysons lorsqu’on entend le mot « viol ». Plutôt que d’aider nos ami•e•s à en parler, on les confine dans le silence, parce que tu comprends, c’est pas facile quand même… Nos silences reproduisent en permanence l’idée que le viol est quelque chose de destructeur et traumatique qui nous enlève toute capacité d’agir et dont on ne peut évidemment pas parler.”

“Nous avons mis en place un modèle où toutes les parties ne sont encouragées qu’à négocier la façon dont ils vont partager l’espace ou ne plus avoir à se croiser. Des demandes et des promesses impossibles sont faites et, au nom de la confidentialité, des limites sont posées sur la base de généralités. Gère ton problème mais tu n’as pas la possibilité de parler précisément de ce qui s’est passé, et vous ne devez pas vous parlez touTEs les deux. Le modèle actuel crée, en réalité, plus de silence.”

“Le viol détruit : la perte du contrôle de ton corps, la façon dont ce sentiment d’impuissance resurgit à ta mémoire, la façon dont cela prive de toute illusion de sécurité ou de santé mentale. Nous avons besoin de modèles qui aident les personnes à reprendre du pouvoir et nous devons dénoncer le modèle actuel de rétribution, de contrôle et d’exclusion pour ce qu’il est : de la vengeance. Il n’y a rien de mal à la vengeance, mais ne prétendons pas qu’il ne s’agit pas de pouvoir ! Si nous avons recours à l’humiliation et aux représailles, soyons honnêtes là-dessus. Choisissons ces outils si l’on peut dire en toute honnêteté que c’est ce que l’on veut faire. Au cœur de cette guerre, nous devons améliorer nos aptitudes au conflit.”

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